17 ans après le massacre de Gatumba: les Banyamulenge réclament la fin du «génocide» contre eux

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Les Banyamulenge commémorent les 17 ans depuis le massacre de Gatumba. Ph. LaPrunelleRDC.info

La Communauté Banyamulenge demande que justice soit faite pour les victimes du massacre de plus de 150 membres de leur communauté à Gatumba (Burundi) dans le sud du Sud-Kivu; elle dénonce encore une fois un « génocide » contre les Banyamulenge.

Elle l’a dit à l’occasion de la commémoration de la 17ème année depuis le massacre d’au moins 150 personnes de la communauté Banyamulenge à Gatumba au Burundi.

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Dans une déclaration rendue publique ce 13 Août 2021 à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, cette communauté demande également au gouvernement Congolais de mettre fin aux attaques dont les Banyamulenge font l’objet et assister les déplacés qui vivent dans des conditions précaires à Minembwe, Mikenge, Bijombo et Bwegera.

Elle demande aussi à la communauté internationale et à l’Organisation des Nations-Unies d’honorer la promesse de justice faite aux victimes du massacre de Gatumba, juste au lendemain de la commission du crime.

Arrêter le « génocide » contre les banyamulenge

La Communauté Banyamulenge demande aussi l’implication immédiate de l’ONU pour que cesse  » le génocide en cours ciblant les Banyamulenge » dans les Hauts et Moyens Plateaux du Sud-Kivu.

« Nous demandons au Conseil de sécurité de Nations-Unies et la communauté internationale de s’impliquer directement pour stopper le génocide en cours ciblant les Banyamulenge établis dans les Hauts et Moyens Plateaux du Sud-Kivu et d’encourager l’ouverture immédiate des poursuites judiciaires au niveau national et international afin que les commanditaires et auteurs des tueries soient identifiés et poursuivis en justice », dit la communauté Banyamulenge de sa déclaration.

Les Banyamulenge ajoutent que les hommes armés de leur communauté n’est qu’une auto-défense et que si le gouvernement devait traquer les hommes en armes, il doit commencer par les groupes armés étrangers et les Maï-Maï.

« C’est comme si le monde entier s’est ligué contre les Banyamulenge « 

« Ce sont des Maï-maï qui sont de tueurs. Nous sommes l’auto-défense. Nous nous défendons. On n’a jamais attaqué les Maï-Maï dans leurs villages, on nous rencontre chez nous. On a brûlé toutes les habitations, on a razzié tous les troupeaux, on a chassé les gens de leurs villages et c’est nous qui avons subi le gros de cette guerre venant des Maï-Maï et de Red Tabara. Et donc, s’il faut que le gouvernement traque les hommes armés, qu’il commence d’abord par les troupes étrangères de Red Tabara en particulier et les Maï-Maï qui attaquent les Banyamulenge », soutient d’un ton ferme Jean Scohier Muhamiriza, notable Munyamulenge.

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Naturellement, rappelle Muhamiriza, les banyamulenge ne répondront pas aux armes par des machettes mais en cherchant également des armes pour se défendre.

« Lorsqu’ils viennent en armes, nous aussi nous cherchons de manière à avoir les armes contre eux. Ça fait 5 ans que nous sommes en train d’être tués au su et au vu du gouvernement congolais, des gouvernements des pays voisins de la région et des organisations nationales et internationales dont la MONUSCO). Les ambassadeurs le savent et le monde entier le sait mais personne ne bouge. C’est comme si le monde entier s’est ligué contre les Banyamulenge », poursuit-il.

Commencer avec les bourreaux pour finir avec les victimes

Pour lui, la seule piste de solution pour avoir la paix dans les Hauts et Moyens Plateaux du sud du Sud-Kivu c’est de traquer tous les groupes armés et pas seulement les Banyamulenge.

 « Que le gouvernement congolais prenne les choses en main. S’il faut traquer les hommes armés, qu’il traque tous les hommes armés et non pas uniquement cibler les Banyamulenge comme si c’étaient les Banyamulenge qui étaient à la base de cette guerre que nous sommes en train de subir. Nous, nous sommes des victimes, nous ne sommes pas des bourreaux. Qu’on commence avec les bourreaux pour finir avec les victimes », insiste-t-il.

Contexte

Le 13 août 2004, des membres des Forces nationales de libération (FNL) ont pris pour cible des réfugiés essentiellement banyamulenge – des Tutsis congolais originaires de la province du Sud Kivu, en République démocratique du Congo – sur la base de leur appartenance ethnique, rapporte l’organisation Human Rights Watch.

Les hommes des FNL, un mouvement rebelle burundais composé essentiellement de Hutus, les ont abattus et brûlés vifs, alors qu’ils ont épargné les réfugiés appartenant à d’autres ethnies et les Burundais vivant dans une autre partie du camp. Au moins, 150 personnes avaient alors été sauvagement tuées à Gatumba.

Jean-Luc M.

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